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Festival NXNE de Toronto: le plaisir de l’imprévu

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Du 17 au 21 juin, CHOQ.FM a pris ses cliques et son enregistreuse (mais pas son sac de couchage, à son plus grand regret) jusqu’à Toronto pour vivre la 15ième édition du festival de musique et de film North By Northeast (NXNE). Le mot d’ordre: go with the flow, car on sait très bien que ce genre d’aventure se vit à cheval entre le programme officiel et les aléas des rencontres. Comme de fait, le périple a été éreintant, mais les moments les plus marquants seront ceux qui étaient satellites au calendrier obligé.
Car bien que le NXNE soit inspiré par le festival South By Southwest, qui a lieu depuis 23 ans au Texas, il semble un peu en retard sur ce qui fait de son prédécesseur un incontournable: l’intégration complète des nouvelles technologies de communication, la gestion du «buzz» et un aménagement qui facilite les rencontres et les déplacements.

Certains obstacles étaient étrangers à l’organisation du festival. D’une salle à une autre, il fallait souvent marcher de longues demi-heures. Or, cet inconvénient se couplait à une programmation truffée de fruits pourris. Sur les 500 artistes qui se produisaient au festival, beaucoup laissaient à désirer, et le programme gratuit sans descriptif ainsi que le site Internet sans grille horaire n’aidaient pas à trier les inconnus qui auraient pu nous attirer. Ainsi, on se rabattait plus souvent qu’autrement sur les valeurs sûres.

Heureusement, la programmation gratuite du Carré Yonge Dundas était audacieuse et particulièrement intéressante - de Crystal Antlers à Youth Brigade en passant par Japanther et Zoobombs, chapeau! Elle m’a foutu une bonne droite avec le spectacle des jeunes prodiges de dance-rock inquiétant Spiral Beach. Âgés d’à peine 17-18 ans, les musiciens font preuve d’une aisance et d’une irrévérence déconcertante. Derrière cette chanteuse à l’air à la fois ingénu et complètement diabolique, les garçons s’amusent et taquinent les auditeurs, qui le leur rendent bien. À Toronto, la bande semble adulée et adorée; je ne compte pas ceux qui m’ont dit les étoiles dans les yeux les suivre depuis leurs 14 ans.

Spiral Beach au Carré Yonge Dundas

Je les ai revus plus tard dans un house show, programmés après Japanther, DD/MM/YYYY et METZ. Mémorable soirée que celle-la, avec quatre shows exceptionnels et une foule très impliquée (les plafonds s’en souviendront). À 5h30 du matin, on a migré vers un autre party, juste à temps pour voir le début du show (franchement amateur et même gênant) de Hot Panda.
On nous avait décrit Toronto comme une ville inerte. À notre plus grand plaisir, la ville qui nous a accueillie semblait au contraire plutôt bien organisée, niveau afterhours et house partys. Il suffisait de parler avec quelques résidants ou musiciens pour se faire entraîner dans un tourbillon incessant. Il faut remercier chaudement le NXNE, car les résidants volaient les groupes de la programmation pour les faire jouer dans un contexte plus intime (on nous a affirmé que ces house partys n’étaient pas coutume à Toronto).

En tête de liste, il me faut mentionner un après-midi BBQ dans le quartier portugais. Pour souligner la sortie de Dreamachzine, Hand Drawn Dracula et Tim McCready nxne1avaient invité Pirate Love, Red Mass, Brian Borcherdt (en duo avec un batteur) et The Bang Bangs à jouer dans un salon, pendant que dans la cour Montréal et Toronto s’unissait. J’ai accroché sur le punk rock garage des Norvégiens de Pirate Love, dont la nonchalance faisait contraste avec l’habillement coloré (chemise noire déboutonnée et cheveux laqués, chapeau de cowboy et camisole d’armée, chemise en satin rouge avec des dorures…).

Parmi les spectacles qui m’ont marquée dans la programmation officielle du festival, il me faut parler des légendes vivantes de Youth Brigade, qui ont pris l’adulation du public avec le plus grands des respects. Il fallait les voir entonner des hymnes bras dessus bras dessous avec les spectateurs, sous la décoration industrielle exagérée du Bovine Sex Club. Il y a eu Health, aussi, qui a donné un show tellement professionnel que la puissance de leur math rock à tendance noise donnait des nausées. De Montréal, Red Mass faisait figure de tête d’affiche trois soirs consécutifs et Parlovr a donné le show le plus communicatif et énergique de leur histoire. J’ai beaucoup aimé le rock pesant de TRIGGERFINGER et des Burning Brides. Mais cette édition du NXNE n’aurait pas été la même sans notre bon vieux King Khan, qui a donné deux shows secrets (dont un avec les All Mighty Defenders, son projet avec les Black Lips) en plus de sa prestation officielle en duo avec BBQ - qui ne m’a pas fait regretter qu’il soit maintenant avec les Shrines.

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Malheureusement, le festival n’a pas réussi à générer un «buzz». Comme me l’a mentionné Pierre B. Gourde (Indica) en entrevue, il bénéficierait d’une meilleure gestion des stratégies de communication par Internet – un site plus interactif, entre autres, ainsi qu’au moins une conférence sur le sujet. De plus, il faudrait peut-être penser à programmer les shows susceptibles d’attirer le même public dans des salles avoisinantes ou à faciliter les déplacements.

Malgré les petits bémols, ma première expérience au festival North By Northeast a été mémorable. La prochaine fois, je me laisserai autant bercer par les imprévus, mais je tâcherai de me dénicher un vélo pour rassasier ma soif de découvertes.

- Ariane Gruet-Pelchat


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